29 - Les grenades à main de l'entre-deux-guerres

Dans les années qui suivent la Première Guerre Mondiale, la France traumatisée par les pertes humaines est loin de l’idée de moderniser son armement. Les stocks sont considérables d’autant plus qu’en temps de paix, les grenades ne sont pas distribuées à la troupe.  Dans le manuel d’instruction sur les grenades à l’usage des troupes de 1923, sont décrites les grenade explosives O.F. Mle 1915, F1 et C.F. ;  la grenade suffocante  automatique Mle 1916 ; les grenades  incendiaire et fumigène automatique Mle  1916 et incendiaire à main Mle 1916 et  la grenade à fusil V.B. L’allumeur standard est le bouchon-allumeur automatique Mle 1916 B sauf pour la C.F. qui garde son bouchon allumeur spécifique et pour l’incendiaire à main Mle 1916 qui garde un système à percussion Mle 1916.
Les modifications commencent vers 1930 puis s’accélèrent au tournant de la Guerre d’Espagne avec la prise de conscience d’une nouvelle guerre, inexorable et l’adoption du bouchon allumeur Mle 1935 et des travaux révolutionnaires de Brandt sur des modèles antichars à charge creuse.
La diffusion des nouveaux modèles à la troupe sera ralentie par l’espoir toujours fort d’échapper à une nouvelle catastrophe. Ainsi, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, le manuel du gradé d’infanterie édition de 1939, décrit toujours les mêmes grenades à l’exception de la grenade citron Foug retirée du service actif. Ni les grenades Mle 1937 équipées d’un allumeur Mle 1935 ni les modèles antichars n’équiperont le fantassin de 39-40.  Ces nouveaux modèles ne seront produits et utilisés que bien après l’armistice notamment dans les Guerres coloniales d'après-guerre.

 

Grenade Offensive Mle 1930 :
C’est l’évolution de la  grenade offensive Mle 1915 toujours composée de deux coupoles mais modifiée par l’aplatissement de la base de la coupole inférieure permettant de la poser à plat.
Elle était peinte en gris clair et équipée de l’allumeur Bourny.
En dehors de la forme, la mise en place de l'allumeur ne change pas par rapport au modèle 1915 et nécessitait de pratiquer un emplacement dans la charge à l’aide d’une baguette.

Grenade Offensive Mle 1935 :
C’est la dénomination du modèle OF 1915 équipée d’un allumeur Mle 35.

Grenade Offensive Mle 1937 :
La grenade Mle 1930 à base plate est modifiée par ajout d’une gaine cylindrique qui reçoit l’allumeur Mle 1935. Il n’est plus besoin de ménager un espace dans la charge comme le Mle 1915.
Son corps est en trois parties embouties et serties, la gaine porte bouchon allumeur, la calotte haute demi hémisphérique et la partie basse cylindro tronconique à base plate.
Les métaux servant à sa fabrication passent par l’acier extra doux, le fer blanc et en dernier lieu l’aluminium.
Ces grenades seront amorcées par les nouveaux allumeurs automatiques Mle 1935.

Grenade Défensive Mle 1930 :
Son corps en fonte aciérée reprend la forme ovoïde à base plate du modèle offensif 1937. La partie supérieure comprend un manchon fileté d’une hauteur d’1 cm qui reçoit une gaine cylindrique métallique  dont l’extrémité supérieure proéminente est conique et permet d’adapter l’allumeur Bourny.  Contrairement à la grenade F1, le corps est lisse à la fois intérieurement et extérieurement. Les éclats d’une portée maximale de 200 mètres sont efficaces dans un rayon de 50 mètres environ et perforent à 15 mètres une épaisseur de 41 mm de sapin.
La charge est un explosive nitratée NT comprimé.
Elle est peinte en gris.
Son poids chargée et amorcée est de 470 grammes permettant une portée de 30 mètres.

Grenade  Défensive Mle 1935 :
C’est la dénomination du modèle DF 1915 F1 équipé d’un allumeur Mle 35.

Grenade  Défensive Mle 1937 :
Ces grenades seront amorcées par les nouveaux allumeurs automatiques Mle 1935.
A cette période et au début d’après guerre, elle sera peinte en jaune sur la moitié supérieure et rouge sur la moitié inférieure pour un explosif nitraté.

A la veille de la seconde guerre, les grenades incendiaires disponibles restent les modèles 1916 incendiaire et fumigène et à calorite. On retrouve la trace d'un modèle de grenade dans les années 1930 qui ne semble pas avoir été réalisé en grand nombre et distribué.

 

Grenade incendiaire Mle 1930 :
C'est une grenade à calorite remplaçant la grenade incendiaire modèle 1916. Elle reprend sa forme de cylindre en fer blanc mais son extrémité supérieure comporte une calotte recevant une gaine permettant en mise en place d'un allumeur modèle 1916B sans détonateur. Elle est livrée amorcée par caisse de 27. Les grenades INC 16 et 30 sont peintes en gris bleu clair et sont marquées en noir des mentions d'origines. Son poids était de 575 g.

On ne trouve aucune photo de cette grenade sur le net.

 

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Grenade lacrymogène en bakélite Mle 1939 :
Cette grenade comprend :
- un corps en bakélite de forme cylindrique,
- un chargement lacrymogène de bromacétate d’éthyle de 210 gr environ, un vide correspond à 10 % du volume intérieur de corps est ménagé au chargement afin de permettre la dilatation du liquide.
La couleur d’identification est de la couleur de la bakélite qui peut varier du marron au noir.
Aucun marquage.
L’amorçage est réalisé au moment de l’emploi à l’aide d’un bouchon allumeur Mle 1935 avec détonateur à retard de 2 secondes.
Cette grenade ne sera pas diffusée au corps de troupe et restera en grande partie expérimentale.

Lacrymo bakelite

Grenade lacrymogène en verre :

Nous n'avons pas de documentation sur ce modèle constitué par une ampoule de verre. Elle reprend le principe de la grenade Bertrand.

Le date de fabrication sur la boîte laisse supposé à un modèle d'entre-guerre probablement civil vue la fragilité.

 

Par contre toutes les ampoules en verre ne sont pas des grenades contrairement à ce que pourrait laisser paraître les photos ci-dessous dénommées à tort grenade lacrymogène Michaux qui est en fait un graisseur huileur pour machine mécanique du XIXè.

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