53 - Généralités sur les grenades de maintien de l'ordre

L'utilisation de grenades lors du maintien de l'ordre n'est pas nouveau puisqu'en France les premières grenades lacrymogènes ont été conçues avant 1914 sous l'impulsion de autorités civiles (Cf Chapitre). Depuis cette date, de nombreux modèles ont été produites pour l'armée et les forces de maintien de l'ordre. Jusqu'aux années 1980, les grenades utilisées par la police sont pratiquement les mêmes que l'armée. Puis probablement en relation avec l'augmentation des manifestations et les phénomènes d'émeutes dans certaines banlieues, des équipements spécifiques sont développés pour le maintien de l'ordre ou pour la répression (selon qui reçoit ou lance le pavé) dont le mot d'ordre est la non léthalité. Ce sont les tasers et autres flash-ball mais aussi tout un arsenal de grenades qui ne sont plus seulement lacrymogènes mais aussi assourdissantes ou dispersant des fragments en caoutchouc. La non léthalité reste bien entendu très relative avec des engins explosifs et de nombreux faits divers dramatiques émaillent leur utilisation.

Infographie article

Dans leur concept, les grenades de maintien de l'ordre sont des grenades non léthales qui servent à contenir les foules ou à appréhender des individus isolés. Initialement utilisées classiquement à main ou au fusil, on observe depuis la fin du vingtième siécle de nouvelle génération de grenades utilisant des lanceurs ou autopropulsées.


On peut les classer par leur effet :
- grenade lacrymogène et fumigène
- grenade assourdissante,
- fulgurante ou aveuglante,
- grenade mixte (lacrymogène/assourdissante, lacrymogène/fumigène),
- grenade à balles de caoutchouc.

Ces grenades sont utilisées pour le mantien de l'ordre lors de manifestations ou d'émeutes. Leur emploi comme grenade à main est possible avec des allumeurs de 2,5 s. Cependant, compte tenu de la distance d'engagement, un lancement à la main était souvent insuffisant. Pendant de nombreuses années, les grenades à main ont été tirées par l'intermédiaire d'un tromblon sur un fusil MAS 36 de calibre 7 mm avec balle type feuillette (comme en 1916). Peu pratique, des lanceurs dédiés (Cougar et Chouka) ont progressivement remplacés ce matériel désué.

 

Lanceur Cougar et Chouka  :
Ce sont des lanceurs fabriqués par Alsetex-Lacroix comportant en tube lisse est de 57 mm qui permet le tir de grenade de 56 mm équipée d'un dispositif de propulsion à retard (DPR). Le DPR est constitué de deux éléments, un culot propulsif de 56 mm et un porte retard d'un délai variable selon la distance. Au départ du coup, le culot reste chambré dans le tube et expulse grenade et porte retard.
Il existe 4 types de DPR :
- DPR d’exercice d’une portée de 60/80 mètres (culot noir, porte retard bleu)
- DPR d’une portée de 50/60 mètres (culot noir, porte retard blanc)
- DPR  d’une portée de 100 mètres  (culot blanc, porte retard blanc)
- DPR  d’une portée de 200 mètres (culot blanc type empennage, moins utilisé).

Cougar
Cougar1

La plupart des grenades de la société Alsetex peuvent être utilisées par l'intermédiaire de ces lanceurs :  
- Grenades CM6/CM4 : Grenades fumigènes et lacrymogènes à 6 et 4 capsules (SAE 760 et SAE 740),
- Grenade G1: Grenade fumigène et lacrymogène à sous munitions à mouvements aléatoires (SAE 730),
- Grenade PMLP 7C et 7B (Nobel Sport) : Grenade à effet lacrymogène à sous munitions,

- Grenade GLI/F4 : Grenade à effet assourdissant et lacrymogène (SAE 810),
- Grenade GM2L : Grenade à effet lacrymogène et sonore (SAE 815),
- Grenade de Dispositif Balistique de Dispersion (SAE 440),
- Grenade d'exercice : Un boulet de caoutchouc réutilisable permet l'entraînement des tireurs,
- Gunpiz (Multi-projectiles en caoutchouc,...),
- Bliniz (Munition cinétique de 56 mm et 82 g s'écrasant à l'impact sans rebond).

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