14 - Les grenades percutantes offensives

Grenade OP1 Mle 1915 ou Pétard Thevenot-Lafitte :
Son origine serait  française selon Patrick Delhomme et ferait partie des nombreuses grenades imaginées pendant l’année 1915. Son utilisation sur le front français sous le terme grenade OP1 Mle 1915 n’ayant pas été couronné de succès, elle aurait été reléguée sur le front italien où elle était connue comme « Pétard Thevenot ». Il est intéressant de noter que les italiens n’ont à priori pas trouvé les mêmes défauts à cette grenade que les français et en ont fait un grand usage au même titre que la P2. D’après Nevio Mantoan, la seule différence entre les deux origines de fabrication réside dans la présence sur la plaque de sécurité soit d’un disque rouge pour la version française soit d’une étoile pour la version italienne.

Plus connue sous le nom de granada de mano « Lafitte » modelo 1921,  cette grenade deviendra réglementaire dans l'Armée espagnole en 1921 et sera l’une des grenades à main les plus utilisée par les troupes nationales durant toute la Guerre Civile, et d'une moindre manière par les troupes républicaines jusqu’en 1946. Ce sont ces grenades qui sont généralement proposées en collection. Elles sont reconnaissables à leur marquage qui varie selon les usines de fabrication :

-       SA – Subsecretaria de Armamento en Corogne
-       MAT dans un losange - Pampelune
-       RSR dans un losange
-       FAS – Fábrica de Artilleria de Sevilla
-       G. – Pour certains Generailtat de Catalunya pour
        d’autres, une  marque de l’armée nationale du Sud
-       Symbole de la Légion
-       2 parfois 3 cercles concentriques
-       Différents types de cercles

Leur couleur était en général kaki avec le bouchon du détonateur peint en jaune.

Il existe également des différences de longueur du corps. Il semble que l’OP1 du premier conflit soit de plus petite taille alors que la version longue correspond à la version espagnole post-guerre.  

Grenade Lafitte modèle 1921 d'origine espagnole et marquages (http://www.amonio.es/laffite.htm)

C’est à l’origine une grenade offensive avec fusée d’impact mais à l’usage son utilisation deviendra défensive par la nécessité de se protéger des projections en retour. La grenade est de forme cylindrique en fer blanc d’un diamètre de 6 cm pour une longueur de 14 cm traversée dans sa longueur par un tube de fer blanc où sont logés le détonateur (1) et le percuteur (2) armé par un ressort en spirale (3). Ce tube est fermé aux deux extrémités par un bouchon à vis en fer blanc (4). A l’une des bases, on retrouve un deuxième bouchon (5) qui correspond à l’orifice de chargement de la grenade (6). Au centre de la boite, on retrouve un orifice de diamètre et forme variables qui renferme un cylindre rempli de sable ou de limaille de fer (7) qui maintient en place un chevalet de sécurité (8) s’interposant entre le percuteur et le détonateur. Ce cylindre est maintenu en place par un ruban (9) de tissu de 2 cm de large et d’une longueur de 4 tours, entourant la boîte et fixé à une plaque de sécurité (10) maintenue en place par une goupille en forme de fourche en U (11) s’insérant dans 4 embouts du corps de grenade. 

Le fonctionnement nécessitait d’arracher la goupille en U et de lancer la grenade. Au lancer, la plaque de sécurité libérée, déroule le ruban qui ne maintient plus le cylindre et le chevalet de sécurité. A l’impact, le cylindre et le chevalet sont éjectés et libèrent le percuteur.
Le poids à vide était de 260 g pour une charge de 160 g d’explosif soit 400 à 420 g.
Les témoignages négatifs sont abondants concernant son utilisation en Espagne pendant la guerre civile :
- trop volumineuse,
- d'un mécanisme complexe et tendant aux ratés,
- trop puissante pour une grenade offensive, son rayon d’action théorique de 8 à 10 mètre était souvent dépassés jusqu’à 30 mètres par la projection des parties métalliques de l’enveloppe et du mécanisme interne,
- trop sensible aux conditions climatiques : l'humidité distendait le ruban de sécurité, la grenade manquait d’étanchéité, l’oxydation  rendait le mécanisme inutilisable.

 

Seule photo comparatives d'OP1 de deux tailles (française et variante espagnole ?) - G. Lachaux Militaria magazine n°207.

Grenade OP2 Mle 1915 ou Pétard Willocq :
La description de cette grenade se retrouve dans le livre de Patrice Delhomme. Cette grenade complexe donna propablement peu satisfaction car peu d'images circulent sur les sites de collection. Le seul exemplaire visible semble être celui du musée de l’armée aux Invalides à Paris.
Cette grenade avait la forme d’un cylindrique en fer blanc traversée par un canal central. A son extrémité supérieure, le percuteur était placé dans un tube solidaire d’une coupole en fer blanc coulissant d’1,5 cm sur le cylindre. Le percuteur était maintenu armé par un ressort en spirale,  maintenu bloqué par 2 billes dans le tube central.  La course vers le bas de la coupole permettant une descente du tube dans un espace plus large du canal central où les billes s’échappaient et libéraient le percuteur.
La coupole était bloquée en position de sécurité par un cliquet attaché à un ruban réalisant plusieurs tours autour du cylindre. Ce ruban était uni à deux demi-coquilles cylindriques à charnière entourant le corps de la grenade et se fermant par une pince sur la clef de sécurité. Sous la charnière un gros ressort tendait à ouvrir les deux demi-coquilles.

 

OP2 schéma d'après Delhomme et rare exemplaire du musée des Armées de Paris

Grenade percutante d’improvisation  :
Durant les premiers mois de 1915 l'approvisionnement en grenades percutantes est assuré par la fabrication artisanale et l'importation. Ce modèle a du suivre une certaine standardisation dans les ateliers de l’arrière du front car bien que rare, elle est retrouvée dans les collections selon les mêmes standards.
Elle est construite à partir d'une douille tirée de pistolet lance fusée de 25 millimètres. La douille était remplie d’explosif et fermée  par un bouchon en acier à pas de vis à sa base. Le bouchon contenait à sa base un bloc de plomb mobile recevant une amorce et remplissant le rôle de masselotte. Le percuteur conique était fixe et visé au sommet du bouchon. La masselotte et le percuteur étaient  séparés l'un de l'autre par un ressort. La sécurité était assurée par une goupille traversant et immobilisant la masselotte.

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